Avec une population encore fragile et localement très menacée, le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) fait l’objet d’un plan de sauvegarde européen depuis 2016, qui engage la France dans une démarche de conservation, déclinée dans un 3ème plan national d’actions (PNA) pour la période 2020-2029.

Le Balbuzard pêcheur est un rapace diurne de taille moyenne, qui se nourrit presque exclusivement de poisson. Il vit majoritairement à proximité des lacs. C’est le seul rapace au monde à être présent sur les 5 continents !

Les Balbuzards qui nichent en Europe migrent en Afrique du Nord ou dans la péninsule ibérique pour l’hiver. Considéré comme un nuisible au XIXe siècle et chassé en conséquence, puis victime des pesticides au XXe, il est quasiment éteint en France métropolitaine dans les années 1970. Il bénéficie depuis 1981 d’une protection totale sur le territoire et s’y réinstalle progressivement, favorisé en parallèle par le plan de sauvegarde européen.

L’aménagement d’aires artificielles a montré son efficacité, tant en France que dans les autres pays européens pour augmenter le succès reproducteur et stimuler l’expansion des populations. Installé dans plusieurs départements limitrophes de l’Aube, il ne niche cependant pas encore dans notre département.

En cette année 2026, une convention entre la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Seine Grands Lacs et le Parc naturel régional de la Forêt d’Orient a permis l’installation d’une plate-forme en faveur du Balbuzard pêcheur. Elle se situe dans la Réserve Naturelle Nationale de la Forêt d’Orient, sur une propriété de l’EPTB Seine grands lacs, sur la commune de Piney. Son financement est assuré par l’Agence de l’Eau Seine Normandie.

L’arbre porteur est un Douglas de 34 mètres de hauteur, dominant la canopée. Le Douglas est une essence qui supporte bien la taille et l’élagage, et qui rejette peu. Il ne devrait pas avoir besoin d’une intervention régulière pour entretenir l’attractivité de l’aire artificielle.

La plate-forme est visible depuis la digue du lac du Temple, ce qui permet d’assurer la surveillance de l’aménagement à distance. L’accès libre à la digue permet également aux ornithologues et au public en général, d’avoir une vue sur la plate-forme et ainsi suivre la nidification de cette espèce emblématique.

Les photos prises par drone ont été réalisées par Stéphane Gaillard, garde-animateur de la Réserve naturelle nationale, qui est habilité à utiliser cet appareil dans la RNN. L’usage du drone est interdit au-dessus de la Réserve, sauf dérogation spéciale.