Grande douve, ranunculus lingua



RANUNCULUS LINGUA
Grande douve

Description:

Grande plante vivace (jusqu'à 160 cm de hauteur), à grosse tige souterraine ramifiée ; tiges aériennes dressées, peu ramifiées, glabres, creuses.
Feuilles de la base ovales en cœur , disparaissant rapidement ; feuilles caulinaires sessiles, très entières, à peine denticulées sur les marges, longuement lancéolées, à nervation peu visible.
Fleurs grandes (jusqu'à 5 cm de diamètre), en général solitaires et terminales ; pédoncules floraux lisses, sans stries ; 5 sépales verts, velus, pas toujours persistants ; habituellement 5 pétales d'un beau jaune, grands (1,5 à 2 cm), largement ovales ; étamines nombreuses, à anthères jaunes ; carpelles nombreux ; fruit = un polyakène en tête globuleuse, formé d'un grand nombre d'akènes comprimés, brunâtres, à bec large et court, peu courbé ; floraison en été (juin-août), fructification en automne (août-septembre).


Confusion possible:

Il n'y pas, dans la flore de France, beaucoup de Renoncules de cette taille avec lesquelles on puisse confondre la Grande Douve!


Caractères écologiques:

Espèce semi-aquatique, des prairies marécageuses et tourbeuses, des bords d'étangs, de bras morts et de rivières à cours lent, des pannes de dunes, des saulaies claires, sur sol neutre ou peu acide, à basse altitude (ne dépasse guère 500 m) ; plutôt héliophile ; supporte mal la concurrence.


Rareté:

Espèce protégée au niveau national. Rare et en forte régression en Champagne, seulement en Champagne humide (étangs latéraux du Der, la Horre) et de quelques tourbières (St-Gond).


Répartition géographique:

Plante eurasiatique, mais beaucoup plus répandue en Europe moyenne et centrale, d'Irlande et de France jusqu'en Finlande, en Russie et en Ukraine ; beaucoup plus rare, et même souvent absente des régions méditerranéennes.
En France, l'espèce est disséminée et inégalement répartie ; elle ne s'élève pas dans les montagnes, et reste très rare dans la région méditerranéenne ; assez fréquente dans les régions occidentales, elle devient moins abondante dans le Bassin parisien, le nord et le nord-est, le centre. Découverte récemment (1992) dans les moyennes montagnes de Corse. En régression un peu partout.


Menaces potentielles:

Comme pour la plupart des Hélophytes, les menaces principales sont celles qui pèsent sur les biotopes : les zones humides temporaires sont en régression partout, à la suite de drainages, de trop grande régulation du niveau des eaux, d'abaissement des lits des rivières, de pollution des eaux, etc. S'y ajoutent des problèmes de dynamique des milieux et de compétition : la Grande Douve supporte mal la fermeture du milieu par les grands hélophytes (Roseaux, Carex, entre autres), et, surtout, par les arbustes (Saules, Bouleaux, etc.), qui forment un ombrage trop important et une concurrence trop forte. Des essais de gestion du milieu, et, particulièrement, de débroussaillage, ont donné de très bons résultats en Ile-de-France.