Crossope aquatique, Neomys fodiens




Description:


Dos brun, ventre blanc, rouille ou complètement noir. Adaptation remarquable à la vie aquatique : face inférieure de la queue dotée de poils très raides formant une quille servant à la direction. Des crins similaires élargissent la surface des pattes postérieures et l'aident à ramer. Longueur du corps : 7-9 cm; longueur de la queue : 6-7 cm. Poids : 10,5-20 g.

 

Habitat:


Le plus souvent, rives des eaux stagnantes ou courantes lorsqu'elle sont recouvertes de suffisamment de végétation ; lieux humides en forêt ou dans les prairies, même éloignés des points d'eau.


Mœurs:


Surtout crépusculaire et nocturne, mais également diurne. Assez sociable. Elle nage bien, plonge et peut rester 20 secondes sous l'eau. Pour nager, elle utilise ses 4 pattes de la même façon que pour marcher. Elle chasse sous l'eau mais aussi parfois sur terre : larves d'insectes, de mollusques, des crustacés, des grenouilles et des petits poissons. A terre, elle se toilette souvent et répartit la sécrétion des glandes sébacées sur toute sa fourrure fine et serrée.


Reproduction:


La gestation dure 24 jours et l'allaitement jusqu'à 37. La femelle a 5 paires de tétines, met ses petits au monde dans un nid souterrain au cours d'une période qui va d'avril à octobre. Il y a en général 2 portées, de 5 à 7 petits chacune. Longévité : environ 2 ans et demi.


Répartition:


La Crossope aquatique habite toute la France et presque toute l’Europe. En Champagne-Ardenne, elle se rencontre dans toutes les régions naturelles mais avec des densités variables. Elle est abondante en Argonne et Champagne humide, sur les crêtes et le plateau ardennais, en Haute-Marne et beaucoup plus localisée en Champagne crayeuse.


Evolution historique et menaces:


On ne connaît pas grand-chose sur l'état des populations. Aucun travail n'a été consacré en France à cette espèce.
Elle dépend des milieux humides. La disparition de ces derniers (par drainage, curage, enrochement des berges, pollutions, assèchements…) est donc très préjudiciable à cette espèce. Le maintien d’îlots de marais et ruisseaux ne suffit pas à sa survie. La fragmentation des habitats et la disparition de corridors écologiques (vallées et vallons humides) menacent cette espèce comme d’autres mammifères aquatiques. L’utilisation des insecticides qui limitent le nombre de proies peuvent aussi affaiblir le potentiel reproducteur.


Mesures de conservation:


L'espèce est entièrement protégée en France, bien que les menaces qui pèsent sur ses populations ne concernent guère que l'assèchement des zones humides.