Bâti en terre



Le bâti en terre


Pays de terre d'eau et de forêt, carrefour d'influences architecturales, le patrimoine bâti conserve tous les aspects du génie des hommes pour construire leurs habitations, abriter leurs activités... Zone frontière entre la Champagne Crayeuse et la Champagne Humide, architecture de craie dure, tendre, de brique, de terre crue, cuite, colombages...
Il est encore possible de distinguer trois grands genres de constructions qui s'échelonnent dans le temps :
• Communautaire : c'est celle du paysan qui travaille pour lui- même ou pour ses voisins un ouvrage bien bâti, réalisé pour durer en utilisant les matériaux que l'on trouve sur place et dont il maîtrise la mise en œuvre, un regard de technicien plus que d'artiste.
• L'artisanat : c'est la période de la spécialisation, le paysan devient salarié même à temps partiel, les tuileries briqueteries se développent, se diversifient, échangent, c'est la naissance d'une société ouvrière spécifique qui change les conceptions ancestrales.
• Les produits industriels : sous l'impulsion des grands décideurs économiques (abbayes, pouvoir royal), d'incitations, d'interdictions ( remplacement du chaume par de la tuile) les lieux de productions se multiplient, se spécialisent, conduisant à des situations de monopoles industriels qui ont condamné de nos jours toutes les petites et moyennes entreprises. Se développent de nos jours des produits fabriqués en très grandes séries par la grande industrie avec des techniques et des matériaux " nouveaux " qui s'associent harmonieusement avec les productions traditionnelles.

Ainsi l'habitat encore en place aujourd'hui dans le Parc naturel régional est représentatif de cette évolution des formes architecturales et de l'utilisation des matériaux.


Appentis...
• La terre cuite : la brique pour des raisons de coût et de mise en œuvre est utilisée de manière ponctuelle et localisée dans les encadrements d'ouvertures, les chaînages, soubassements, bandeaux, corniches, cheminées et quelquefois en assemblage avec d'autres matériaux, brique et bois, brique et craie ...
• La couverture : la tuile est utilisée avec des formes différentes suivant la pente de toits :
- La tuile plate rectangulaire ou arrondie dite en " écaille de poisson " est massivement employée depuis l'interdiction du chaume sur les toits dont la pente est importante, elles peuvent même être fixées, utilisées en protection murale. Avec de réelles qualités techniques et esthétiques son utilisation et sa production se perpétuent.
- La tuile creuse est présente sur les toitures à faibles pentes, en couvre-joint sur tuile creuse renversée ou sur tegulae, non fixé, facile à remanier ce type de couverture est en train de disparaître, quelques rares tuileries artisanales en assurent encore la fabrication.
- Quelques curiosités apparaissent ponctuellement qui témoignent des influences de l'environnement, des autres régions, des circuits économiques : tuiles vernissées dites " du Comte Henri ", tuiles avec recouvrement, tuiles " violon " apportant des qualités techniques, esthétiques et les nombreux éléments permettant d'assurer l'étanchéité et la finition des toitures : arêtiers, " oreille de cochon ", fronton, faîtières, épi de faîtage...
Eglises, fermes, pigeonniers, maisons de maître, portes charretières, échoppe d'artisan, modeste maison de village, le curieux saura découvrir au détour d'un chemin, une cohérence esthétique, une architecture qui participe d'une culture concrète qui marque encore notre époque.